José Gaudin (05.09.1982)

Littéralement tombé dans les décibels lors d'un spectacle à l'école, après quelques essais infructueux de batterie, il débuta réellement avec le groupe Mistral, par amitié, par passion surtout pour tous ces boutons et "il y en a beaucoup mais c'est assez simple (le numérique a moins de boutons mais c'est nettement plus compliqué)".

Ses premier pas dans la vie professionnelle : une formation commerciale qui n'a pas eu de suite, notre ingénieur préférant s'exercer à la liberté des grands espaces dans des évasions aéronautiques. Pour franchir le mur du son ? Peut-être... Ses vingt ans et l'école de recrues lui permirent donc de devenir pilote et de toucher avec une sorte d'affection à d'autres points lumineux, dans le cockpit ceux-là, entre deux loopings bien balancés.

Des balances il y en a, qui se succèdent à la saison estivale. A l'écoute des voix, des cordes, des percussions, il continue son bout de chemin sonique en prêtant régulièrement et fidèlement son savoir-faire à Marc Aymon.

- Eh bien, José, le son était bon ce soir ?

Eternelle question, incontournable réponse : insatisfaction. Rien ne sera jamais suffisant pour ce perfectionniste né, autodidacte qui gagna son savoir avec force bouquins et persévérance. Pourtant, ce perfectionnisme qu'il qualifie de "sombre mauvaise habitude" lui donne justement cet élan de nous offrir un concert de qualité malgré des conditions parfois difficiles, et que tous les artistes ont connu un jour.

Et parce qu'il faut bien remplir son assiette - la musique, cette nourriture substantielle... pour l'esprit - il travaille pour une entreprise de sonorisation et en hiver patrouille sur les pistes de ski. Mais dès l'apparition des premiers bourgeons, les doigts lui démangent de fleurir bien vite les scènes de consoles et autres câbles dans les festivals de la région ou d'ailleurs.

Ses loisirs, il les consacre à l'étude du russe et de son alphabet cyrillique. Aussi, sans doute en raison de cet irrésistible appel de l'altitude, les pieds bien accrochés cette fois, il aime à grimper quand il en trouve le temps. Nous n'oublierons pas les quelques respirations que lui offre l'écoute de la musique (tous les genres, du jazz au métal) et bien sûr ces vols réguliers au cours desquels il retrouve l'environnement familier de la carlingue jusqu'à se perdre si loin, à l'horizon.

- Alors, José, le son sera-t-il bon demain ?

Nul doute, tant que se profilera silencieusement derrière la console, à la poursuite de ces mélodieuses vibrations, ta discrète silhouette et cette inscription blanche sur ton pull noir "Don't ask me for light, I'm sound". Oui, le son, c'est toi.


(8 septembre 2005, Lydwine Fournier)